Il a fêté ses 87 ans il y a exactement un mois. Pourtant, plus de 50 ans après avoir raccroché les crampons, Jean Lechantre se souvient de tout, dans les moindres détails. De sa première sélection en Equipe de France face à l'Angleterre, dans le mythique stade d'Highbury, jusqu'à ses trois Coupes de France remportées à la fin des années 40 avec le LOSC, retour avec le principal intéressé sur une carrière riche en souvenirs et en trophées.

Il a fêté ses 87 ans il y a exactement un mois. Pourtant, plus de 50 ans après avoir raccroché les crampons, Jean Lechantre se souvient de tout, dans les moindres détails. De sa première sélection en Equipe de France face à l'Angleterre, dans le mythique stade d'Highbury, jusqu'à ses trois Coupes de France remportées à la fin des années 40 avec le LOSC, retour avec le principal intéressé sur une carrière riche en souvenirs et en trophées.
Il est aujourd'hui l'un des plus anciens internationaux tricolores encore en vie. Pourtant, c'est en... Belgique, et plus précisément à Taintegnies, qu'est né Jean Lechantre. Dès l'âge de trois ans, il quitte le Plat Pays pour s'installer à Lille, dans une région Nord Pas-de-Calais qu'il ne quittera plus. C'est en 1942, durant la Seconde Guerre Mondiale, qu'il débute le football : "A l'époque, nous jouions avec 7 joueurs professionnels et 4 amateurs. Ce n'est qu'à la fin de la guerre que le championnat de France a repris ses droits", se souvient l'ancien Lillois.

Car c'est au LOSC que Jean Lechantre a fait l'essentiel de sa carrière. Dans la grande équipe de l'après-guerre, il collectionne les trophées, disputant notamment cinq finales de Coupe de France entre 1945 et 1949, pour trois remportées (1946, 1947 et 1948). Le premier de ces titres reste pour lui un souvenir particulier : "Cette année-là nous avions réalisé le doublé, remportant également le titre de champion de France. J'avais été élu joueur du match lors de la finale, étant à l'origine de plusieurs buts."

A cette époque, le club lillois est au sommet de son art. "Durant toutes ces années, nous étions souvent bien placés, que ce soit en championnat ou en Coupe. L'effectif bougeait peu, donc nous nous connaissions tous bien, et avions déjà des automatismes. Lors de notre victoire face au RC Lens, en finale de la Coupe de France 1948, nous étions 6 ou 7 joueurs à avoir remporté les trois fois ce trophée."

En ce qui concerne sa carrière en Equipe de France, cette dernière débute par une anecdote amusante : "Après un match disputé à Paris contre le Red Star, que nous avions gagné 4 à 0, Lucien Gamblin, devenu journaliste, m'avait repéré. Il me voyait comme le futur ailier de l'Equipe de France, alors qu'à l'époque j'étais encore Belge !" Naturalisé Français à la fin de la guerre, Jean Lechantre revêt pour la première fois la tunique tricolore à l'occasion d'un match amical face à l'Angleterre, le 3 mai 1947 à Highbury. "Il y avait 0-0 à la mi-temps. Malheureusement, Jean Grégoire s'était blessé, et comme à l'époque il n'y avait pas de remplacement, il avait dû terminer la rencontre amoindri en s'exilant sur l'aile. Nous avions finalement perdu 3 buts à 0".

Après deux ans et demi d'absence sous le maillot bleu, il effectue son retour à l'occasion d'un nouveau match amical, le 13 novembre 1949, cette fois-ci face à la Tchécoslovaquie, avant de disputer un mois plus tard, le 11 décembre, son 3ème et dernier match en bleu face à la Yougoslavie, en qualification pour la Coupe du Monde 1950. "C'est l'un de mes grands souvenirs en Equipe de France, même si l'issue est malheureuse", concède le natif de Taintegnies. "Nous jouions ce match à Florence, en plein hiver. Au terme du temps réglementaire nous étions à 2-2, nous avions donc dû disputer la prolongation." Or à l'époque les stades n'étaient pas équipés de lumières. "Nous avons disputé la fin du match dans la pénombre, les gens n'y voyaient pas grand-chose... Au final nous encaissons ce 3ème but qui nous élimine dans la course à la qualification."

Au cours de ces trois sélections, Jean Lechantre a pu côtoyer des joueurs renommés, comme Roger Marche. "Nous étions une bande de copains", se souvient-il. "Il y avait aussi Jean Swiatek, que l'on surnommait "King Kong" car c'était un costaud. Il jouait derrière et moi ailier, à l'entraînement je lui en faisais baver ! Il y a eu aussi Julien Darui ou Jean Baratte, qui étaient également mes coéquipiers en club. J'étais notamment proche du second, qui était avant-centre. C'est donc moi qui était chargé de l'alimenter en bons ballons pour le faire marquer. Au LOSC cela marchait très bien, je me souviens même d'une saison où nous avions inscrit 102 buts, on nous appelait "l'attaque mitraillette !"

Jean Lechantre quitte Lille en 1952 par rallier le CO Roubaix-Tourcoing. Il évoluera là-bas pendant trois saisons avant de mettre un terme à sa carrière professionnelle. Il jouera encore pendant quatre ans à Cambrai, où il cumulera les fonctions de joueur et d'entraîneur. Plus tard, il contribuera à l'éclosion, dans son petit club de l'Iris Club de Lambersart, d'un certain Didier Six... Aujourd'hui encore, il garde un oeil attentif sur les performances du club de son coeur, le LOSC. "J'ai notamment suivi le match au Stade de France face à Lyon. J'ai beaucoup aimé la performance d'Eden Hazard, qui a un peu le même style que moi à l'époque". Du côté du Nord, la relève semble donc assurée...

שєгŦtll

# Posté le samedi 14 mars 2009 13:40

Le fameux beautiballing que tonton starcotsh vous avais promis (100% foot')

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# Posté le samedi 14 mars 2009 10:32

Modifié le samedi 14 mars 2009 13:31